Les recettes d'une réussite...
Suite à plusieurs débats sur divers forums, je me suis demandé quelle était la recette pour qu'un nouveau jeu avec figurines puisse s'imposer sur le marché...
L'équation est forcément très complexe et je ne prétends pas apporter une réponse complète et exacte mais je pense qu'il y a au moins 3 principes à respecter aujourd'hui pour espérer pouvoir s'implanter dans un marché qui est devenu très riche.
1- L'originalité
Le nouveau venu doit absolument apporter quelque chose d'original à ce qui existe déjà sur le marché. Attention, je dis bien qui existe déjà sur le marché et cela veut dire qu'on peut parfaitement reprendre de bonnes idées à des jeux aujourd'hui disparus. L'exemple le plus fragrant en ce domaine est World of Warcraft et son système d'activation à base de ticks complètement pompé sur feu le Retour des Dieux.
L'originalité, le plus souvent dans le système de jeu (mais elle peut se situer ailleurs comme par exemple dans le matériel utilisé, c'est le cas pour Ex Illis ou il y a quelques temps pour les jeux à Clix de feu Wizkids), est un élément essentiel pour que le joueur y trouve son compte sans avoir l'impression de ne jouer qu'à une n-ième version d'un jeu déjà connu.
2- Un contexte de jeu solide
Le contexte du jeu est un élément essentiel de la réussite et peut-être le plus difficile à maîtriser. Car un univers de jeu se doit être nouveau et original tout en gardant assez de repères pour que les joueurs s'y retrouvent. Aarklash, l'univers de Confrontation, est un exemple de réussite tout comme le Vieux Monde de Warhammer Fantasy Battle : les deux univers ont en commun de solides bases en fantasy classique (quitte à piller les idées ici ou là) mais apportent chacun leur touche d'originalité (cela se voit moins chez WFB car son univers est devenu lui-même un classique). AT-43 est également un univers qui a très rapidement réussi à séduire les joueurs, ses bases étant clairement inspirées de l'histoire moderne.
Des univers trop originaux sont plus durs à s'imposer et retardent à mon avis l'implantation d'un jeu car les joueurs auront plus de mal à s'en imprégnier.
A noter que la forme est très importante : l'univers du jeu n'est pas seulement rendu par un texte mais aussi par des illustrations et...
3- Des figurines réussies
Bien entendu un jeu ne peut espérer rencontrer le succès sans figurines réussies. Je ne parle pas forcément de technique : une figurine possédant un design/look réussi peut faire oublier d'éventuelles faiblesses dans les proportions ou la gravure. Les figurines proposées doivent avoir une forte personnalité afiin qu'une partie en cours du jeu puisse immédiatement être reconnue et pour donner envie aux jouers d'acheter.
Comme je le disais, ce ne sont là que 3 des multiples principes permettant de faire d'un jeu une réussite : la communication autour du jeu, le marketing, les prix et tout un tas d'autres critères entrent également en compte.
Mon raisonnement tient-il la route?
A suivre mon raisonnement, Wahammer Fantasy Battle ne devrait pas être le jeu dominant du marché en fantastique. Vraiment? Croyez-vous en les chances de WFB s'il était lancé aujourd'hui sur le marché? Avec un système de jeu des plus classiques? Pas évident, je pense.
A l'autre extrême, nous avons le cas de feu Hell Dorado (on verra si le jeu renaît de ses cendres aux States) : un univers qui tient bien la route, des figurines réussies... mais à ce que j'ai pu lire à droite ou à gauche, j'ai l'impression que le système de jeu restait un peu classique.
Dans un autre registre, je pense que ce qui manque à un Confrontation l'Age du Rag'Narok et à un AT-43 pour booster leur progression constante mais un poil lente est un système plus original. Le système en question apporte son lot d'originalité mais rien de spectaculaire pouvant immédiatement provoquer un grand enthousiasme. Warmaster et Epic Armageddon, deux jeux possédant d'excellents et originaux systèmes de jeu et basés sur des univers riches et solides, souffrent de l'échelle de leurs figurines qui parlent peu à la majorité des joueurs malgré leur qualité.
De même je ne crois pas au succès des jeux dits génériques : Song of Blades and Heroes est un excellent jeu d'escarmouche mais ne pouvant s'appuyer sur un univers ou des figurines particulières, il n'arrivera certainement pas à sortir de l'anonymat.
On pourrait trouver des contre-exemples je pense mais je crois que mes trois principes tiennent assez bien la route.
C'était la minute philosophique de la Tribune Ludique, vous pouvez reprendre maintenant la peinture de vos figurines ou vos parties. :)