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La Tribune Ludique
3 janvier 2018

Cinéma - Seven Sisters (2/5)

7sisters_01Vu en DVD, Seven Sisters de Tommy Wirkola avec Noomi Rapace, Glenn Close, Willem Dafoe.

2073. La Terre est surpeuplée. Le gouvernement décide d’instaurer une politique d’enfant unique, appliquée de main de fer par le Bureau d’Allocation des Naissances, sous l’égide de Nicolette Cayman. Confronté à la naissance de septuplées, Terrence Settman décide de garder secrète l’existence de ses 7 petites-filles. Confinées dans leur appartement, prénommées d’un jour de la semaine, elles devront chacune leur tour partager une identité unique à l’extérieur, simulant l’existence d’une seule personne : Karen Settman. Si le secret demeure intact des années durant, tout s’effondre le jour où Lundi disparait mystérieusement…

Seven Sisters joue dans la catégorie des petits films de SF, ou plutôt d'anticipation, sans énorme budget à la Time Out ou encore Bienvenue à Gattaca. Vous savez, ces films où l'on tune quelques bagnoles pour leur donner un air futuriste et où l'on ajoute ici ou là quelques écrans pour faire croire que l'action se passe dans quelques décennies. Ca coûte pas cher et ça peut parfaitement bien fonctionner quand c'est bien fait.

Pour Seven Sisters, on ne peut pas dire que cela soit mal fait mais je ne sais pas pourquoi ce n'est pas vraiment convainquant. Ce n'est cependant pas très grave car le plus important est le récit.

7sisters_03Cela commence d'ailleurs pas trop mal avec une idée de base plutôt intéressante : dans un monde où les naissances sont encadrées, des septuplées survivent en se faisant passer pour une seule et même personne. Ok, quand on y réfléchit deux secondes, c'est pas crédible du tout mais Noomi Rapace s'en sort plutôt pas mal et les effets spéciaux sont très réussis (c'est à dire qu'on ne les voit pas et que les scènes où l'actrice se donnent la réplique sont tout à fait convainquantes). Bien entendu toute l'organisation bien huilée de cette famille peu ordinaire va se dérégler et provoquer un gros big bang sociétale.

Si l'on oublie quelques invraissemblances (comme le fait que les sept gentilles soeurs partageant une vie plan plan d'employée de banque se transforment en rambo du jour au lendemain), le principal soucis du film est que le récit, ou plus précisément son final, est difficile à comprendre. Je croyais que cela venait d'une adaptation ratée d'un bouquin mais il s'avère que c'est un film totalement original. Cela peut donc peut-être venir d'un montage fait à la hache et virant tout un tas de scènes permettant d'expliquer le dénouement du film. Il manque en effet des éléments au spectateur pour comprendre pourquoi le "méchant" du film a agi de cette manière.

L'autre problème vient du fait que le contrôle des naissances est un sujet qui a été traité des milliers de fois. On a vraiment l'impression de toujours voir le même film. Sans compter que l'un des rebondissements finaux est totalement prévisible.

C'est pourquoi je ne peux pas attribuer plus de deux Ludices à Seven Sisters. C'est dommage car sans cette fin ratée, il aurait été une très honnête série B.

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Commentaires
B
Sociétal(e) ?<br /> <br /> <br /> <br /> Cher François, et ATTENTION SPOIL ! ! !<br /> <br /> <br /> <br /> Je suis relativement en accord avec ton avis. J'ai été très enthousiaste lors de l'introduction des problématiques de fond (la solution retenue pour la surpopulation par congélation des enfants surnuméraires) et le combat d'un papy pour sauver ses petites filles. Et j'ai été très déçu par la 2eme moitié du film et la fin.<br /> <br /> <br /> <br /> Il apparaissait évident dès le départ pour un connaisseur de SF que la révélation finale serait autour d'une mystification du congélateur. Mais c'est pas grave car l'important d'un film comme celui la vu les enjeux c'est : comment va t'on arriver à ces révélations ? <br /> <br /> <br /> <br /> Ici s'introduisent les 7S et leur éducation, puis leur petite vie bien réglée. Une chose me choque ici : comment 7 soeurs identiques peuvent obtenir des personnalités si différentes ? (une intello pure, une guerrière, ...)<br /> <br /> On arguerait "le jour de la semaine influe fortement !" Je suis d'accord pour les jours du we. Sunday devrait etre une catho coincée (il y a des références directes à la religion chrétienne du dimanche), Saturday une fan de shopping, mais les autres ? Car les jours ouvrés sont plutot linéaires (à moins que la gym tombent toujours le meme jour chaque année ? ^^)<br /> <br /> <br /> <br /> L'explication scénaristique est évidente, il faut des spécialistes pour assurer la survie du groupe. Mais rien dans l'éducation du papy ne montre cette voie. Ya un trou donc.<br /> <br /> <br /> <br /> Puis survient le grain de sable : qu'est il arrivé à Lundi ? <br /> <br /> <br /> <br /> Et ici commence l'horreur...<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> Pour le spectateur !<br /> <br /> <br /> <br /> Ce film posé et touchant des sujets profonds devient un film d'action sans cervelle à quête courte.<br /> <br /> Pendant que la soeur guerrière est dehors à défoncer des soldats aguerris, sans avoir de formation de combat explicitée, le restant est tranquillement installé dans l'appartement familial à peine ravagé par les sbires obscurs de la grande "méchante". Ici une question : les méchants connaissent le nid : pourquoi attendent ils 2 ou 3 jours avant de le reprendre d'assaut ? (c'est "géré" par le scénario avec une remarque stupide de la grande méchante).<br /> <br /> Ya des vrais relents de "Mission top secret".<br /> <br /> <br /> <br /> S'ensuit un déroulement aussi linéaire qu'une RN en rase campagne jusqu'à l'infiltration finale et la révélation du secret. <br /> <br /> D'accord des enfants sont tués à la chaine façon "camp de concentration télétubbies". Mais je suis dans l'incompréhension sur le manque d'empathie du film vis a vis du contexte global posé par le film lui même (situation démographique catastrophique, manque des ressources, etc...) et sa morale finale :<br /> <br /> <br /> <br /> Faites des gosses sans controle ni limites. Tant pis pour le manque de ressources et les conditions de vie. Cette fin n'a aucun sens. La "méchante" est incohérente : c'est une visionnaire qui pense ses solutions à l'échelle de l'humanité, mais en même temps elle est obnubilé par le maintient du pouvoir et un petit scandale.<br /> <br /> Pour ma part je comprends la "méchante" du film. Son choix bien que moralement indéfendable actuellement est pertinent vis à vis du contexte. La stérilisation des humains n'est pas abordé alors que ca serait un traitement direct de la cause (procréation) là ou la "congélation" ne traite qu'une conséquence (le gosse).<br /> <br /> <br /> <br /> Le principal soucis est que cette voie est mise en place dans une société en crise copie conforme de NOTRE société actuelle (j'entends par la transposition directe de nos valeurs où le gosse est plus précieux que tout). Il apparait évident qu'une politique nataliste d'ampleur s'accompagnerait de changements dans les valeurs d'une société (naturels ou induits par de la propagande).<br /> <br /> Aucune propagande n'est montrée autre que la publicité mensongère du programme.<br /> <br /> <br /> <br /> Bref, un film prometteur à la fin basique sur la conspuation d'une méchante qui n'en est pas. Le film ne fait même pas l'effort de montrer les différentes interprétations en fonction de l'échelle de raisonnement.<br /> <br /> <br /> <br /> Du gachis pour ce film qui aurait pu être un film intelligemment de SF.
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